La recherche et la prestation de services sont étroitement liées. Alors que la recherche produit de nouvelles informations et de nouvelles idées, les services partagent des informations avec les nouveaux arrivants et contribuent à transformer les connaissances en expériences vécues. Cette relation – souvent appelée mobilisation des connaissances – garantit que la recherche a un impact significatif et bénéfique sur la vie des gens.

 

La mobilisation des connaissances implique de rendre la recherche disponible, accessible et utile aux communautés qu’elle impacte.

La mobilisation des connaissances implique de rendre la recherche disponible, accessible et utile aux communautés qu’elle impacte. Cela peut prendre plusieurs formes selon les personnes impliquées et les utilisateurs et utilisatrices visés. Si la recherche est destinée à éclairer les politiques publiques ou la recherche universitaire, il peut suffire de publier les résultats sous forme d’article ou de rapport. Cependant, la recherche dans le secteur de l’établissement et de l’intégration vise souvent à enrichir un groupe particulier d’utilisateurs et d’utilisatrices de services. Dans ce cas, il peut être utile de partager les résultats sous forme de brochures d’information ou de présentations en langage simple. Mais la diffusion de la recherche ne se limite en aucun cas à ces formats. Les connaissances peuvent être mobilisées à travers des projets créatifs, des visites guidées, des archives communautaires, des événements publics ou toute autre activité permettant de relier la recherche aux personnes qui la vivent.

La mobilisation des connaissances ne ressemble pas nécessairement aux activités de recherche traditionnelles.

La mobilisation des connaissances ne ressemble pas nécessairement aux activités de recherche traditionnelles. Les jardins communautaires, tels que le Newcomer Farm Project de MetroWorks, en sont un bon exemple. MetroWorks est un organisme à but non lucratif situé à Halifax qui offre une variété de services communautaires liés à l’emploi et aux compétences. Par le biais de son projet de ferme pour nouveaux arrivants, le Newcomer Farm Project, les nouveaux arrivants – dont beaucoup étaient agriculteurs et agricultrices dans leur pays d’origine avant d’immigrer au Canada – se réunissent régulièrement pour cultiver une parcelle de terre au bas de la route Bayers. Comme l’explique MetroWorks, « des femmes de cultures et de pays différents ont trouvé un objectif commun : cultiver une communauté, acquérir de nouvelles compétences et adopter leur nouveau foyer. [Le jardin est] une célébration de la diversité, de l’amitié et du potentiel illimité qui émerge lorsque des personnes diverses se réunissent. » Vous pouvez en apprendre plus sur le projet ici et ici. D’autres prestataires de services, tels que ISANS, organisent également des jardins communautaires pour les nouveaux arrivants.

Les tartes et les diagrammes circulaires ne sont pas si différents que cela.

Un jardin communautaire n’est pas nécessairement ce qui vient à l’esprit lorsqu’on pense à la recherche, mais il existe des points clés qui se recoupent. Le Newcomer Farm Project pose un grand nombre de questions identiques à celles que se posent les chercheurs et les chercheuses lorsqu’ils et elles abordent l’établissement et l’intégration : comment les nouveaux arrivants peuvent-ils bâtir une communauté tout en développant un sentiment d’appartenance à leur nouveau foyer? Et comment les nouveaux arrivants peuvent-ils pratiquer l’anglais ou le français dans un cadre informel tout en acquérant des compétences pratiques? Les chercheurs et chercheuses utilisent une variété d’outils – enquêtes, entretiens, logiciels d’analyse – pour collecter des données et les transformer en connaissances pratiques. De la même manière, les jardiniers et jardinières utilisent leurs propres outils – truelles, cisailles, gants – pour transformer la terre, les rayons du soleil et l’eau en nourriture. Et l’objectif de ces deux activités est le même : créer quelque chose qui enrichira la vie des gens. Les tartes et les diagrammes circulaires ne sont pas si différents que cela.

Les jardins – et en particulier les jardins communautaires – sont des lieux où les personnes partagent et apprennent des choses les unes des autres. Ce sont des lieux où les idées deviennent des expériences vécues.

Ayant passé de nombreuses années à mener des recherches interdisciplinaires et multimédias, j’ai tendance à considérer le jardinage lui-même comme une forme de recherche pleinement développée et valable. Mais même pour les personnes qui adoptent une approche plus traditionnelle, les jardins peuvent néanmoins être intégrés au processus de recherche comme forme de mobilisation des connaissances. Les jardins – et en particulier les jardins communautaires – sont des lieux où les personnes partagent et apprennent des choses les unes des autres. Ce sont des lieux où les idées deviennent des expériences vécues. À ce titre, ce sont des lieux idéaux pour créer des connaissances, échanger des idées et utiliser la recherche à bon escient.

 

La mobilisation des connaissances constitue une part importante de ce qui se passe dans le secteur de l’établissement et de l’intégration. Chaque session d’information ou programme de formation est une forme de mobilisation des connaissances. Cela peut prendre la forme de jardins communautaires, mais aussi de cours de langue, de programmes de mentorat, d’ateliers d’initiation à l’informatique, de guides d’intégration etc. Aucun de ces services ne serait possible sans la recherche, et la recherche serait peu pratique sans ces services. De plus amples informations et ressources sur la mobilisation des connaissances sont disponibles à l’Université Dalhousie, au Conseil de recherches en sciences humaines et sur de nombreux sites Web universitaires.

Jason Chalmers, PhD
Research Lead / Responsable de la recherche

À propos de l’auteur

Jason Chalmers est titulaire d’un doctorat en sociologie de l’Université de l’Alberta et a été boursier postdoctoral à l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia. En tant que chercheur interdisciplinaire, Jason s’appuie sur diverses méthodologies et est particulièrement inspiré par les pratiques créatives et communautaires. Ses recherches portent sur l’histoire de l’immigration au Canada, les relations entre les autochtones et les colons, et les inégalités sociales.

Vous pouvez joindre Jason à jchalmers@araisa.ca